Toute la
vérité sur les Ancistrus
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Ancistrus temminkii ou Ancistrus dolichopterus, c'est ainsi que sont fréquemment baptisés ces poissons ventouses qu'on trouve dans tous les magasins aquariophiles. Ces appellations sont pourtant erronées et ne correspondent pas du tout aux Ancistrus proposés à la vente en animalerie.
une autre indentification est tout aussi délicate ; il s'agit de l'Ancistrus dit "albinos", "gold" ou L144, de couleur jaune avec des yeux rouges, bleus ou brun. La grande disponibilité de ces poissons et leur soi-disant fonction de nettoyeur les rendent très populaires. Sans exigences stricte de maintenance, ils sont facile à reproduire. L'élevage des alevins ne pose guère de difficulté et peut ravir le débutant, ou malheureusement permettre à d'autres d'avoir une passion soudaine pour le côté lucratif de l'aquariophilie. Mais continuer à diffuser ces poissons dont l'identité est incertaine peut-il avoir un impact positif sur l'aquariophilie ?
L'erreur originelle
Ancistrus temminkii est originaire du Surinam. Il n'y a pas d'exportation de poissons depuis ce pays. Les seuls spécimens parvenus en Europe auraient été ramenés par des particuliers et n'ont donc pas vraiment alimenté le commerce aquariophile. L'origine de cette espèce était erronée jusqu'en 1972. C'est ainsi Cayenne, en Guyane Française, qui était désignée comme son lieu de découverte. C'est suite à une erreur de légende sur une photo publiée dans un atlas des poissons du Docteur Axelrod que l'Ancistrus importé, il y a déjà fort longtemps, fut nommé incorrectement Ancistrus temminkii. Ses publications ultérieures y faisant référence, l'erreur a été reprise un peu partout, et ceci jusqu'à aujourd'hui. Ancistrus dolichopterus, originaire du Brésil (système du Rio Negro), a été décrit de façon vert de points blanc le caractérisent. Son liseré, également, blanc sur les nageoires dorsale et caudale, fait son charme. Il est assez incompréhensible qu'il puisse avoir été confondu avec le poisson ventouse "commun" qui peuple les bacs d'un grand nombre d'amateurs. Ancistrus dolichopterus est importé depuis de nombreuses années. Il a peut-être été remplacé par un autre dans les arrivages en provenance du Brésil, tout en gardant le même nom. A moins qu'une erreur dans la littérature aquariophile de l'époque en soit la cause.
Recherche d'identité
Mais qui est vraiment l'Ancistrus vendu comme auxiliaire de nettoyage (sic...) dans les animaleries françaises ? s'agit-il d'une espèce qui n'est plus importée, qui a disparu du milieu naturel, qui a muté, ou encore d'un hybride ? Ingo Seidel, grand spécialiste de Loricaridés et auteur des ouvrages de référence sur ces poissons, a fait des recherches depuis plusieurs années pour enfin savoir qui était ce mystérieux poisson. Il a comparé l'Ancistrus "commun" à plus d'une centaine d'autres espèces non répertoriées. Aucunes d'entre elles n'est identique à notre poisson ventouse ! La morphologie d'un poisson, reproduit durant des dizaines d'année uniquement avec des souches d'élevage, est généralement différente de celle du poisson d'origine sauvage. De ce fait, il n'est pas possible d'affirmer de façon certaine que notre Ancistrus "commun" appartient à une telle ou telle espèce. S'agirait-il d'une espèce encore inconnue ? Ingo Seidel n'y croit pas.
Hybride !
Ancistrus cirrhosus est celui qui ressemble le plus à notre brave nettoyeur. Ces deux poissons ont, entre autre, une nageoire dorsale composée du même nombre de rayon. Ancistrus cirrhosus est originaire du sud du Brésil et il est également très répandu en argentine (système du Rio Parana). Il a été importé dès le début du XXe siècle. Comme notre "mystérieuse ventouse" et la plupart des poissons provenant du sud du Brésil ou de l'Argentine, il est très sensible à des températures de 30°C ou plus. Aujourd'hui, il n'apparaît plus sur les listes de grossistes. Ancistrus pirareta, Ancistrus triradiatus ou encore Ancistrus multispinis sont des espèces adultes sauvages proches de Ancistrus cirrhosus, qui sont régulièrement importées. Les Ancistrus de petite taille (3 à 4 cm) proposés à la vente sont des poissons d'élevage (pays de l'Est ou autres), donc des reproductions de notre ventouse "commune". Comme les sauvages ainsi que les petits d'élevage sont tous vendus sous le même nom, l'hybridation est inévitable. L'Ancistrus "commun" serait donc un croisement entre une souche d'élevage sur un grand nombre de génération de Ancistrus cirrhosus et des espèces sauvages très proches qui alimentent régulièrement le commerce aquariophile.
Les Ancistrus dorés
Revenons sur notre Ancistrus jaune aux yeux rouges, qui est également très populaire. C'est une mutation génétique de l'Ancistrus "commun", souvent baptisée Ancistrus "gold" ou encore "albinos". Cette dernière désignation n'est pas tout à fait correcte puisqu'une foirme albinos est généralement plutôt rosée. Son patron de coloration variable prouverait qu'il ne provient pas toujours de la même espèce ! Une autre "ventouse", jaune aux yeux bleus ou bruns, vendue sous L144, est très recherchée depuis quelques années. C'est un unique mâle sauvage en provenance du Paraguay en 1992 qui à reçu ce numéro. La reproduction de ce poisson avec des femelles sauvages de la même espèce du Paraguay a permis la conservation et la distribution de la souche. Néanmoins, cette forme xanthoïque (présence de pigments jaunes) et aujourd'hui très difficile à trouver. C'est une autre forme d'élevage de couleur jaune ou orange plus attrayante que le jaune pâle du L144 qui l'a remplacée tout en étant vendue sous ce même numéro. Un Ancistrus juvénile brun et jaune vendu sous LDA16 connaît un réel succès ; il est, de ce fait, très souvent disponible en animalerie. Ce poisson, en grandissant, va perdre sa belle robe. L'appellation de ce Loricaridé est fausse puisque le véritable LDA16 est originaire du Brésil alors que celui proposé à la vente est une mutation de l'Ancistrus "commun". D'autres souches d'élevage, comme les formes voiles, innondent de plus en plus le commerce. Un Ancistrus rouge "fabriqué" en Allemagne est le dernier en date.
Plaidoyer pour les formes naturelles
Hybrides, mutations génétiques, voici les Ancistrus les plus vendus. Il existe plus de 100 espèces naturelles qui ne sont souvent pas plus chère... Il faut faire connaître les espèces d'origine sauvage. L'aquariophilie averti pourra ainsi choisir en toute connaissance de cause. C'est par l'information que des espèces naturelles pourront être préférées et donc proposées à la vente.
Ancistrus à points blancs
Un certain nombre d'espèces d'Ancistrus sont noires à points blancs. Ces poissons sont couramment proposés sous Ancistrus hoplogenys. Cette appellation est incorrecte puisque ce poisson n'est pratiquement pas importé et rares sont les personnes qui le possèdent. La ventouse noire à points blancs la plus connue est le "vrai" Ancistrus dolichopterus (L183), qui comme déjà cité, est également le nom de vente de notre Ancistrus "commun". il est très répandu dans le système du Rio Negro (eau noire). il peut atteindre une taille de plus de 20 cm dans la nature, mais ne dépasse que rarement 12 à 15 cm en aquarium. il garde le liseré blanc sur les nageoires caudales et anales jusqu'à un âge très avancé. On le trouve souvent sous le nom Ancistrus sp. "white seam" dans le commerce aquariophile. D'autres espèces, vendues jeunes, le sont aussi sous ce nom puisqu'elles possèdent ce liseré durant les premiers mois de leur existence. La plupart de Ancistrus présentent au maximum 9 épines dans la nageoire dorsale, alors que 9 à 11 garnissent celles du L183. Le contraste entre le noir et le blanc du patron de coloration des juvéniles Ancistrus dolichopterus les rend très séduisants. Par contre, chez certains spécimens adultes, les points blancs seront à peine visibles. Le L181/L71/L249 (Rio Téfé, Rio Tapajos, Rio Trombetas) est souvent confondu avec le L183. Les juvéniles perdent leur liseré blanc dès l'âge de 4 à 5 mois, mais les points blancs resteront. Ces deux Ancistrus grandissent très vite et sont sexuellement matures dès l'âge d'un an, avec une taille de 8 à 10 cm. Il doivent être maintenus à une température de 25 à 29°C. L'eau douce (pH 5,5 à 6) est indispensable pour la reproduction d'Ancistrus dolichopterus. Une eau neutre peut convenir pour celle du L181. Le L107/L184, également originaire de la région du Rio Negro, est incontestablement l'un des plus beaux Ancistrus. Ses points brillants plus grands que ceux des autres espèces du même genre ne s'estomperont pas avec l'âge. Les deux filaments qui ornent sa nageoire caudale font également son charme. Sa taille maximale de 15 cm est rarement atteinte en aquarium. Il convient de la maintenir dans une eau très douce (pH6 ou moins), à une température comprise entre 25 et 30°C. La reproduction est essez délicate mais réalisable par un aquariophile expérimenté.
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