Évidemment, le critère de base
concerne les conditions de maintenance. La température, la dureté et le
volume du bac sont les paramètres qui vont orienter vers tel ou tel type de
population ; mais ensuite, ce sont les relations sociales qui vont permettre de
définir les valeurs propres de votre population captive. Les
comportementalistes différencient l'agressivité humaine et l'agressivité
animale, même si elles ont des bases communes. Je ne m'étalerais pas sur
le caractère inhumain et souvent destructeur de l'agressivité "humaine"
qui n'a pas sa place ici. Curieusement, l'agressivité des animaux n'est
pas aussi violente que celle des humains ; elle est généralement ritualisée et Quelle agressivité ?
L'éthologue Konrad Lorenz a été l'un des premier à
différencier l'agressivité intraspécifique, entre membres d'une même espèce (ou
agressivité interne), de l'agressivité interspécifique, entre membres d'espèces
différentes, ou agressivité externe. Ces deux types d'agressivité ont
souvent des causes et des expressions différentes. L'agressivité externe
se traduit le plus souvent par l'attaque d'une proie par un prédateur, ou à
l'inverse, par la défense de la proie contre un prédateur. Un exemple
simple pourrait être la période de reproduction de certains Cichlidés. Les
parents deviennent alors hyper agressifs pour défendre leurs rejetons contre les
autres occupant du bac... Votre aquarium jusqu'alors tranquille avec une
population établie et pacifique devient tout à coup un champ de bataille
rocambolesque entre ceux qui veulent dévorer les alevins et ceux qui veulent les
défendre. Il s'agit donc d'une agressivité (trophique" : mangé ou être
mangé. Cette agressivité trophique correspond aussi à la notion de
territoire : la défense du domaine vital et des ressources inhérentes. Il
est important dans le milieu naturel d'avoir des ressources alimentaires
suffisantes, et pour cela il est souvent nécessaire de défendre une zone
d'alimentation personnelle, même si cette défense représente un coût énergétique
pour le poisson, comme nous le verrons plus loin. La défense du territoire
est très variable selon les espèces : parfois strictement intraspécifique comme
chez le célèbre Betta splendens. Elle peut être aussi orientée uniquement
vers un type de concurrents, quelle que soit leur espèce. Par exemple chez
Characodon audax, un vivipare du Mexique au corps argenté et aux nageoires
noires, seuls les poissons portant du noir sont évincés,
Agressivité contrôlée
L'agressivité interne est en fait la plus
répandue chez les animaux, même si elle n'est pas toujours la plus
démonstrative. La hiérarchie est souvent très forte dans les populations
piscicoles ; même si les individus semblent calmes et se tolèrent, la tension
peut être très forte, toujours à la limite de la crise ! Cette agressivité est
parfois tellement passive qu'elle passe totalement inaperçue aux yeux de
l'aquariophile... Jusqu'à ce que survienne l'accident. La hiérarchisation
est normalement liée à l'accès à la reproduction. Les dominants sont les
reproducteurs, les autres... attendent leur tour. Et c'est bien cela qui
se passe en réalité ; dans la nature, les mises à mort sont exceptionnelles (à
la différence du milieu confiné des aquariums). La nature a prévu des
mécanismes pour éviter les pertes au serin de l'espèce, Dominer ou être dominé ? Des études réalisées sur Pelvicachromis pulcher montrent que les mâles qui défendent à harem sont plus exposés que les dominés au risque de prédation : plus colorés, ils sont aussi obligés de rester à vue de tous ! Ils doivent aussi défendre leur territoire très fréquemment et donc augmentent leur risque de se faire blesser par un autre mâle. en réalité, la durée de vie d'un dominé représente souvent plus du double que celle du dominant (évidemment en milieu naturel...). Si le mâle dominant à un accès immédiat à un certain nombres de femelles, le mâle "satellite" qui guette les absences du despote arrive à se reproduire presque aussi souvent que lui, sans faire autant d'effort.
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